30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 09:08

UNE CONVERGENCE CITOYENNE POUR UNE TRANSITION ENERGETIQUE.

Organisée à l’initiative des Collectifs contre le Gaz de Schiste, la première leçon à en tirer est que l’on ne doit pas se contenter de parler des gaz de schiste mais aussi des huiles de schiste car nos amis du nord de la France (Bassin Parisien essentiellement) ont aussi de gros problèmes et souhaitent ne pas être oubliés dans toutes les démarches entreprises.

Lezan-reunion.jpg


Ils s’accordent à reconnaître qu’ils se sont mobilisés un peu tardivement et qu’ils ont été étonnés de la rapidité de réaction des « gens du sud ». La raison est assez simple : ils sont habitués à voir des forages pétroliers dans leur environnement, alors un de moins ou un de plus … Le problème s’est véritablement posé pour eux quand ils ont réalisé qu’ils avaient aussi affaire à des fracturations hydrauliques dans des puits bien de chez eux, sans en avoir jamais été avertis. Des maires qui avaient accordé des autorisations ou des permis de construire pour les équipements au sol se sont trouvés bien ennuyés et bien démunis.

Après l’accident de Fukushima, la conscience de la dangerosité du nucléaire s’est également renforcée dans l’esprit de beaucoup. Le Japon passait pour un pays industriel, développé et en pointe sur les questions de sécurité. Alors, la réaction de nombre d’entre nous a été : un tel accident ne serait-il pas possible en France ? Les réponses apportées par le gouvernement, AREVA et EDF ne nous ont pas vraiment convaincus… (sans parler de l’indigence des moyens mis en œuvre après l’accident lui-même ; notre confiance dans le savoir des « nucléocrates » s’est bien émoussée !)

C’est ainsi qu’a émergé l’idée d’une réflexion collective et citoyenne sur une nécessaire transition énergétique et c’est ce qui a fait le succès des 3 jours de Lézan.

Un constat qui est revenu dans tous les ateliers auxquels nous avons pu participer est que :

Les responsables politiques sont actuellement dans l’incapacité de s’opposer aux grands groupes qui ont mis la main sur les secteurs primordiaux de l’énergie (et de l’eau, nécessaire oh combien à la production d’énergie) ; la politique qui nous a été imposée a depuis longtemps favorisé le nucléaire et cherche maintenant à nous imposer les gaz et huiles de schiste, dans la même opacité, le même manque d’information et toujours en faveur de groupes industriels qui font le forcing pour parvenir à leurs fins sans tenir compte ni des besoins, n des souhaits des citoyens.

 

-          Les élus locaux sont tenus dans la même ignorance que leurs administrés

-          Les élus nationaux sont soit manipulés par les grands groupes industriels à leur insu (et parfois via leur propre cabinet), soit consentants (pour des raisons sur lesquelles il serait délicat de se prononcer)

 

C’est ainsi que Jean-Louis Borloo n’a jamais véritablement signé les permis de recherche de gaz de schiste ; c’est son directeur de cabinet qui a posé « la griffe » ministérielle.  Celui-ci aurait dû l’informer que de nouveaux types de permis devaient passer à la griffe et le sujet aurait dû être débattu en conseil de ministres. Ledit directeur de cabinet a omis de la faire. Pour quelle raison ? (Ces précisions ont été apportées au débat par une ancienne collaboratrice de J .L. Borloo, ex-membre de son cabinet).

 

Dans le domaine de l’eau, on constate également que les grands groupes (essentiellement français), ont mis la main sur la production et la distribution de l’eau. Il reste heureusement des régies communales dans certaines communes mais ailleurs les prix ont monté et la qualité a chuté.  

Ces grands groupes interviennent dans plusieurs secteurs d’activité et tiennent tous les fils leur permettant de bloquer toute velléité d’autonomie des élus locaux :

-          La Lyonnaise des Eaux devenue GDF-SUEZ : énergie, eau, traitement des déchets

-          La Générale des Eaux devenue Veolia : eau, transport, énergie, traitement des déchets

-          Saur : Eau, traitement des déchets, bases de loisirs (dont golfs) et … funérariums.

 

Par exemple, en Ardèche des communes se sont opposées à l’extraction de gaz de schiste mais que le Syndicat des Eaux de Basse-Ardèche (SEBA) ne les a pas rejoints. Pourquoi ? Le SEBA a délégué sa distribution d’eau à SAUR (Saur créé en 1984 par Bouygues, distributeur d’eau et EDF). Que craint le SEBA s’il devait s’opposer à l’extraction de gaz de schiste ?

Quant à Nice, c’est une ville Veolia : transports, eau, cantines scolaires …

L’énergie photovoltaïque :

La dernière loi concernant la production d’énergie à partir de l’énergie solaire va encore dans le sens des grands groupes et des productions de grande capacité ou industrielles. Les tarifs préférentiels de rachat de l’énergie favorisent les grosses productions industrielles (avec tous les problèmes de transport de cette énergie) au détriment des petites unités qui pourraient assurer une alimentation locale. Pourquoi priver une communauté locale de sa possibilité de produire son énergie ou une partie de son énergie ?

Face à cette concentration des pouvoirs entre les mains de quelques entreprises, la conclusion a été évidente : il faut tout mettre en œuvre pour que les citoyens reprennent le contrôle de ce qui les concerne au premier chef, l’eau et l’énergie, et puissent décider du type d’énergie qu’ils veulent.

Ceci passera par des productions délocalisées et diverses selon les ressources et potentialités régionales  ce qui va bien sûr à l’encontre de l’intérêt des grands groupes. Cette réflexion sur la production d’énergie amène inéluctablement à un changement de mode de fonctionnement de notre société.

Des gaz de schiste, nous voici donc arrivés à une réflexion politique de grande ampleur. C’est ce cheminement que nous avions déjà constaté lors de nos réunions locales « anti-gaz de schiste ». Nos candidats à l’élection présidentielle en ont-ils conscience ? Il sera intéressant d’observer leurs réponses.

Brigitte Grivet

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commentaires

Aubert 30/08/2011


c'est quand même aberrant qu'en France ou dans chaque départements des techniciens de l'eau font un travail quotidien formidable à notre service pour contrôler la qualité de l'eau que nous buvons.
Et il faudrait accepter que des industriels viennent polluer nos nappes phréatiques avec la bénédiction d'élus, ministres, .....


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