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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 12:20

Extrait de http://www.reporterre.net/spip.php?article6344     Philippe Desfilhes (Reporterre)  24/09/2014

Le Québec avait été le premier pays grâce à un fort mouvement citoyen, à bloquer l’expansion du gaz de schiste. Mais le nouveau gouvernement libéral a adopté au cœur de l’été un réglement qui ouvre grandes les vannes de l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste.


Une cinquantaine de maires et de mairesses se sont réunis samedi 20 septembre à Saint-Edmond-de-Grantham, petite commune du centre du Québec. Ils ont protesté contre ce qu’ils considèrent être un passage en force du nouveau gouvernement très libéral de Philippe Couillard, élu Premier ministre au printemps 2014. Celui-ci a édicté le 14 août un nouveau règlement sur l’eau qui ouvre toutes grandes les vannes à l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste sur leurs territoires.

Ce meeting avait pour objectif de mobiliser l’opinion publique et de demander officiellement à David Heurtel, le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la lutte aux changements climatiques, d’amender le texte pour autoriser les communes à être plus restrictives.

 

Les élus font front commun

« Je n’ai jamais vu autant d’unité et de détermination de la part de ces élus communaux pour protéger leur eau potable. Certains ont même évoqué la possibilité d’une poursuite judiciaire contre le gouvernement pour ne pas avoir protégé l’eau avec son règlement-bidon », indique à Reporterre Richard Langelier.

Ce docteur en droit est l’un des principaux initiateurs du règlement dit « de Saint-Bonaventure », du nom de la première commune qui l’a adopté en décembre 2011, avant d’être imitée par une centaine de municipalités, dont plusieurs étaient présentes à Saint-Edmond-de-Grantham.

« Cette réglementation sur la protection de l’eau permet aux élus de tenir à distance les compagnies gazières et pétrolières », explique Lucie Sauvé, directrice du Centre de recherche en éducation et formations relatives à l’environnement et à l’éco-citoyenneté de l’Université du Québec à Montréal et coordinatrice du Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste au Québec.

 

Une réglementation qui freine le processus...

Le texte impose en effet une distance séparatrice de deux kilomètres, et jusqu’à six dans certains cas, entre les têtes de puits pétroliers, gaziers et miniers et les sources d’eau potable. « Cette distance s’applique bien entendu aussi aux extensions horizontales utilisées pour exploiter le gaz de schiste », précise Lucie Sauvé.

Une ville de 15000 habitants, la ville de Gaspé, et le petit village de Ristigouche, tous deux en Gaspésie où ont été découverts des gisements de pétrole et de gaz de schiste, sont emblématiques de cette lutte contre les compagnies pétrolières.

« À Gaspé, Pétrolia a foré des puits de pétrole à 350 mètres des puits artésiens d’eau potable des résidents ! À Ristigouche, Gastem avait obtenu une autorisation d’exploitation. Les travaux ont été stoppés dans ces deux communes par l’adoption l’an dernier du règlement de Saint-Bonaventure, relate Richard Langelier. Les affaires sont devant la justice canadienne. »

 

... détricotée par le gouvernement en faveur des compagnies

Car à Ristigouche, Gastem réclame 1,5 millions de dollars canadiens de dommages et intérêts aux 168 habitants. Pour faire face aux frais de justice, ceux-ci ont lancé un appel à financement populaire (lire l’encadré ci-dessous) qui fait le tour des réseaux sociaux.

Mais depuis le 14 août la donne a changé. En vertu de la loi canadienne le « Règlement provincial sur le prélèvement des eaux et leur protection » prévaut et remplace celui de Saint-Bonaventure. « Il retire aux municipalités toute compétence sur les puisements d’eaux réalisés sur leur territoire, si ces puisements sont faits dans le cadre d’une exploitation gazière ou pétrolière », regrette Richard Langelier.

C’est de facto la fin du moratoire qui s’était installé car le nouveau texte est en faveur des hydrocarbures. « Le gouvernement n’a pas voulu écouter les experts indépendants et prendre en considération les études hydrologiques et biologiques réalisées notamment en Pennsylvanie », se désole Lucie Sauvé.

Il ramène notamment la distance de séparation entre les puits d’extraction et les sources d’eau potable à … 500 mètres. Et il n’est fait nul part mention des extensions horizontales des puits alors qu’il introduit une série de règles portant spécifiquement sur la fracturation des roches mères.

« Le gouvernement de Philippe Couillard peut autoriser par amendement certaines communes à rendre le texte plus sévère mais il ne le fera pas sauf peut-être dans certains cas, lorsque l’exploitation du pétrole et du gaz n’est pas très favorable », prévoit Richard Langelier.

 

Consensus politique sur la "pétro-économie"

Les défenseurs de l’environnement québécois ne se font guère d’illusions. « Sur la question des hydrocarbures, les élites politiques des trois principaux partis (le Parti libéral du Québec de Philippe Couillard, le parti Québécois de Pauline Marois qu’il a remplacé au pouvoir et la coalition Avenir Québec, NDLR) sont en phase avec leurs homologues anglo-saxonnes », indique Lucie Sauvé.

L’Ouest du pays a déjà basculé dans la « pétro-économie », particulièrement dans la province de l’Alberta où sont produits, à partir de sables bitumineux, des gaz et des pétroles particulièrement polluants. Au Québec, si des premiers forages ont eu lieu au début des années 2000, l’industrie du pétrole n’a pas eu le temps de s’installer.

 

« Le mouvement a été empêché par la résistance citoyenne mais aussi par la chute des prix du gaz au Etats-Unis », reconnait l’universitaire. La pression est redevenue très forte, notamment en Gaspésie, le sol de cette péninsule baignée par les eaux du fleuve Saint-Laurent étant particulièrement riche en pétrole et gaz de schiste. « Depuis le début des années 2010, les compagnies pétrolières font de nouveau du forcing », dénonce Richard Langelier.

 

À l’assaut du Québec

Plus de trente nouveaux puits ont été creusés dans la région située entre Murdochville et Grande-Vallée. Et deux mégaprojets pétroliers inquiètent énormément les défenseurs québécois de l’environnement.

La compagnie TransCanada a annoncé son intention de construire l’oléoduc « Energie Est ». D’une longueur de 4 600 kilomètres, le pipeline transportera plus d’un million de barils de pétrole brut par jour depuis l’Alberta jusqu’à Cacouna dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent.

« À Cacouna, avec la complicité du gouvernement provincial et malgré les enjeux écologiques majeurs, les promoteurs ont amorcé les premiers travaux pour un port en eau profonde pour l’exportation de ce pétrole », indique Lucie Sauvé.

 

Une compagnie française participe à l’exploitation du sous-sol québécois...

L’autre concerne l’île d’Anticosti. Ce joyau du golfe de Saint-Laurent pourrait être à terme percé par plus de dix mille têtes de puits - on parle d’un gisement de 46 milliards de barils.

« C’est un projet à très haut risque. Le pétrole et le gaz sont emprisonnés dans la roche mère. La seule possibilité, c’est la fracturation hydraulique et comme les ressources en eau de l’ile ne sont pas suffisantes il faudra utiliser du gaz naturel pour cette fracturation », explique Richard Langelier.

Fin mai 2014 le gouvernement Couillard a donné son feu vert pour des activités de forage dits « exploratoires » sur l’ile et depuis la fin juillet les moteurs des foreuses sont en marche. L’exploitation des réserves d’Anticosti a été confiée à un consortium qui regroupe Pétrolia, le gouvernement Québécois et la société française Maurel & Prom.

... et prépare la prochaine exploitation du gaz de schiste en France

« Cette société française a intérêt à venir expérimenter sur une île québécoise de nouveaux procédés d’extraction de pétroles et de gaz de schiste. Elle pourra plus tard dire en France, où les réserves en eau ne sont pas suffisantes pour une exploitation à grande échelle du gaz de schiste, qu’on sait le faire très proprement et sans danger avec du gaz naturel », analyse t-il.

Plus tard ? Très bientôt si l’on en croit Richard Langelier qui suit de très près les questions que soulève l’exploitation du gaz de schiste en Europe. « Après le quinquennat de Mr Hollande et lorsque Mr Sarkozy sera revenu au pouvoir, le gaz de schiste sera très vraisemblablement autorisé aussi en France », estime le spécialiste québécois.


LE COMBAT DE RISTIGOUCHE : QUAND UNE MULTINATIONALECLAME 1,5 MILLIONS À UN VILLAGE DE 168 HABITANTS

Vendredi 19 septembre 2014, 82 000 dollars canadiens avaient été récoltés sur le site de campagne lancé par Ristigouche. « C’est encore très insuffisant au regard des frais de justice qui s’élèvent à 250 000 dollars (5,5 fois le budget annuel de cette commune de 168 habitants) sans compter qu’en cas de victoire de Gastem les dommages et intérêts pourraient être de 1,5 millions de dollars », s’indigne Lucie Sauvé, coordinatrice du Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste au Québec.

Les avocats de Ristigouche dénoncent une tentative d’intimidation dont le seul but serait aussi d’empêcher d’autres communes d’adopter le règlement dit de Saint-Bonavanture pour se protéger des appétits des pétroliers.

« À mon avis Gastem n’a aucune chance dans cette affaire car la bonne foi de la commune qui cherche à protéger l’approvisionnement en eau de ses habitants est manifeste », considère le juriste Richard Langelier.

On ne saurait en dire autant de Gastem : dirigée par un ancien ministre libéral, la société pétrolière a revendu ses droits d’exploitation à Pétrolia et n’a plus aucun intérêt économique en Gaspésie. Le mauvais procès qu’elle fait à Ristigouche n’en est que plus scandaleux !

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 08:28

Un article de reuters.com  |  26/05/2014, 17:30

NICE (Reuters) - Le Groupe Nice Matin, en grande difficulté financière, a été placé lundi en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nice, a-t-on appris auprès de ce groupe.

"Toutes les dispositions ont (...) été prises afin que les salaires de mai soient assurés", peut-on lire dans un communiqué.

La proposition faite vendredi dernier par Groupe Hersant Media (GHM), l'actionnaire majoritaire, d'avancer deux mois de trésorerie, soit environ deux millions d'euros, n'a pas été retenue.

Le Groupe Nice Matin, qui édite les quotidiens régionaux Nice Matin (90.000 exemplaires), Var Matin, Monaco Matin et détient 50% de Corse Matin, "est déficitaire depuis trois ans par l'effet du recul conjugué des ventes au numéro et des recettes publicitaires", explique-t-il. 

L'ntégralité de l'article sur judiciaire.html

Dans notre département, le quotidien Var Matin avait très bien relayé la lutte contre le permis de Brignoles ; nous souhaitons que les repreneurs potentiels tiendront le même raisonnement. 

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